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Baie de Somme & Picardie maritime

La vie balnéaire en baie de Somme

La vie balnéaire en baie de Somme
A vrai dire, ce livre illustré d'Annie Jacques n'est consacré ni à l'ensemble de la baie de Somme, ni à sa vie balnéaire aujourd'hui. Le sous-titre de l'ouvrage est d'ailleurs plus explicite: Le Crotoy au temps de Guerlain, Jules Verne, Colette et Toulouse-Lautrec.

C'est un ouvrage absolument remarquable qui retrace la vie du Crotoy depuis le Moyen Age jusqu'aux débuts du 20e siècle. A côté de textes instructifs, l'auteure livre des cartes postales, affiches et photos pour le moins surprenantes. D'une part, elles livrent des tranches de vie des différentes populations qui se croisaient au Crotoy; d'autre part, elles permettent aussi de saisir des morceaux de vie ou des postures pour le moins surprenantes comme lorsque Toulouse-Lautrec (qui a aussi peint en baie de Somme) présente son postérieur au photographe.

  • La vie balnéaire en baie de Somme. Le Crotoy au temps de Guerlain, Jules Verne, Colette et Toulouse-Lautrec d'Annie Jacques (Engelaere Editions
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Survol de la côte à partir de Cayeux-sur-Mer



Pour séjourner à Cayeux-sur-Mer


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Ault et le Bois de Cise

Ault et le Bois de Cise
Ault présente des visages bien différents. Au centre, l'église Saint-Pierre en damiers construite en grès et silex et datant du 15e siècle. Son clocher est surmonté d'une plateforme avec une tourelle de guet; la charte communale octroyée par les comptes de Ponthieu en ont fait, juridiquement, un beffroi.

Sur le front de mer, un alignement de villas, accrochées au sommet de falaises qui surplombent la mer. Ces falaises peuvent atteindre 40 mètres à Ault même et 80 mètres entre Ault et Mers.

La partie basse de l'ancien village d'Ault se trouvait en bord de mer abrité par une falaise. Celle-ci s'est effondrée et le village a été englouti sous les flots de la Manche. Cette catastrophe a fait l'objet du roman de Sylvette Mathieu 1583, Ault la ville engloutie (Editions Engelaere, 2010).

Une chapelle dédiée à Notre-Dame a aussi été construite à la fin du 19e siècle alors que naissait la station balnéaire d'Onival-les-Bains.

Ault, c'est aussi son Hâble (mot signifiant "havre" ou "port"), 250 hectares qui constituent un véritable… havre protégé pour les cygnes, foulques, gravelots, sarcelles, hérons et autres busards.

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Victor Hugo à Ault en 1837

Victor Hugo écrit alors à Juliette Drouet....


A deux heures et demie, j'entrais au Bourg d’Ault On passe quel ques maisons, et tout à coup on se trouve dans la principale rue, dans la rue mère d'où s’engendre tout le village, lequel est situé sur la croupe de la falaise. Cette rue est d'un aspect bizarre. Elle est assez large, fort courte, bordée de deux rangées de masures, et l'océan la ferme brusque ment comme une immense muraille bleue. Pas de rivage, pas de port, pas de mâts. Aucune transition. On passe d'une fenêtre à un flot.

Au bout de la rue en effet on trouve la falaise, fort abaissée, il est vrai.

Une rampe vous mène en trois pas à la mer, car il n'y a là ni golfe, ni anse, pas même une grève d'échouage comme à Étretat. La falaise ondule à peine pour le Bourg d’Ault

C'est alors que je me suis expliqué le bruit furieux de serrurerie qui m'avait assourdi en entrant dans le village. Ferri rigor, comme dirait Virgile ou Charlot. Les gens du Bourg d’Ault ne pouvaient être marins ni pêcheurs, ils n'avaient pas de port. Ils se sont faits serruriers. Ils y réussissent, ma foi, car ils ont un gros commerce avec le centre de la France, et ils se vengent de Neptune en lui faisant un tapage infernal aux oreilles.

Il s'envole perpétuellement du Bourg d’Ault une noire nuée de serrures qui va s'abattre à Paris sur vos portes, mesdames.

En examinant la rue j'ai amnistié les masures. Il y a là deux maisons curieuses, une, à droite, du quatorzième siècle, l'autre, à gauche, du seizième. Sur la première, j'aurais voulu avoir le temps de dessiner les bouts de poutres qui sont énormes et sculptés en têtes presque égyp tiennes. La seconde a des détails ravissants. Les charpentes de la façade ont à de certains endroits des arabesques du goût le plus ferme et le plus pur. La maison du quatorzième siècle est en face. On dirait l'Égypte et l'Italie qui se regardent. Sur celle du seizième siècle, en ne s'arrêtant pas (sans les dédaigner toutefois) aux masques grotesques qui mordent le bout des volutes pour amuser les matelots, on trouve des figures, deux surtout, pleines de style et qui ont pour chevelure et pour collerettes des rinceaux exquis. C'est vraiment une charmante apparition. On est au milieu d'un misérable tas de cabanes, dans une rue à peine pavée, à soixante lieues de Rubens, à quatre cents lieues de Raphaël, à six cents lieues de Phidias, à deux pas d'un huissier qui s'appelle M. Beauvisage, on n'a dans la tête qu'une musique de limes, de scies et d'enclumes, on se retourne, et voilà que l'art vient s'épanouir sur la poutre d'une masure, et vous sourit. II est vrai que l'océan est là. Partout où est la nature, sa fleur peut pousser, et la fleur de la nature, c'est l'art.

Il n'y a pas que ces deux maisons au Bourg d’Ault. Il ya aussi une vieille belle église, bien vieille et bien belle, germée au douzième siècle et éclose au quinzième. On la réparait quand j'y suis entré. Deux maçons rampaient à plat ventre sur une échelle appliquée au toit. Dieu veuille qu'on ne la gâte pas! .

Comme les maçons y étaient, on m'a refusé l'entrée du clocher, qui est fort haut placé, et doit avoir une vue admirable. J'ai eu beau insister.

Ce qui m'amenait au Bourg d’Ault, c'est que c'est là que la falaise commence. Pour mon guide, qui était d'Étretat et qui, bien entendu, faisait de sa bourgade le centre du monde, c'est au Bourg d’Ault que la falaise finit.

- Voyez, monsieur, me disait-il, d'une manière assez pittores que en me montrant la côte qui s'abaissait jusqu'aux plaines, elle finit en sifflet.

J'ai fait quelques pas sur les galets du Bourg d’Ault, puis je suis remonté dans le village pour redescendre avec la falaise dans les plaines de sable où les dunes viennent aboutir de leur côté.

La mer ronge perpétuellement le Bourg d’Ault. Il y a cent cinquante ans, c'était un bien plus grand village qui avait sa partie basse abritée par une falaise au bord de la mer. Mais un jour la colonne de flots qui descend la Manche s'est appuyée si violemment sur cette falaise qu'elle l'a fait ployer. La falaise s'est rompue et le village a été englouti. Il n'était resté debout dans l'inondation qu'une ancienne halle et une vieille église dont on voyait encore le clocher battu des marées quelques années avant la Révolution, quand les vieilles femmes qui ont aujourd'hui quatre-vingts ans étaient des marmots roses.

Maintenant on ne voit plus rien de ces ruines. L'océan a eu des vagues pour chaque pierre; le flux et le reflux ont tout usé, et le clocher qui avait arrêté des nuages n'accroche même plus aujourd'hui la quille d'une barque.

Ne pouvant voit cette église évanouie, j'ai visité l'autre avec soin; l'intérieur du moins, car je viens de te dire ma déconvenue du clocher. Quelques chapiteaux curieux, quelques frises délicates, et d'horribles peintures à accrocher sur les échoppes, voilà tout ce que renferme l'église. Elle est entourée de tombes. Ces petits monuments lugubres poussent volontiers à l'ombre des églises, comme les superstitions autour de la religion. Pourtant les unes ne contiennent que la cendre et la mort, l'autre contient la vie.

Depuis la catastrophe du bas village, tout le Bourg d’Ault s'est réfu gié sur la falaise. De loin tous ces pauvres toits pressés les uns sur les autres font l'effet d'un groupe d'oiseaux mal abrité qui se pelotonne contre le vent. Le Bourg d’Ault se défend comme il peut, la mer est rude sur cette côte, l'hiver est orageux, la falaise s'en va souvent par morceaux. Une partie du village pend déjà aux fêlures du rocher.

Ne trouves-tu pas, chère amie, qu'il résulte une idée sinistre de ce village englouti et de ce village croulant? Toutes sortes de traditions pleines d'un merveilleux effrayant ont germé là. Aussi les marins évitent cette côte. La lame y est mauvaise; et souvent, dans les nuits violentes de l'équinoxe, les pauvres gens du Tréport qui vont à la pêche dans leur chasse-marée, en passant sous les sombres falaises du Bourg d’Ault, croient entendre aboyer vaguement les guivres de pierre qui regardent éternellement la mer du haut des nuées, le cou tendu aux quatre angles du vieux clocher.

Cet endroit est beau. Je ne pouvais m'en arracher. C'est là qu'on voit poindre et monter cette haute falaise qui mure la Normandie, qui commence au Bourg d’Ault, s'échancre à peine pour le Tréport, pour Dieppe, pour Saint-Valery-en-Caux, pour Fécamp, où elle atteint son faîte culminant, pour Étretat où elle se sculpte en ogives colossales, et va expirer au Havre, au point où s'évase cet immense clairon que fait la Seine en se dégorgeant dans la mer.

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Les restaurants recommandés par Le Galet de Cayeux

A Cayeux-sur-Mer


Au Kiosque
3 place de l'Amiral Courbet - 80410 Cayeux-sur-Mer
Tél. +33 (0)3 22 26 74 03
Pour ses moules-frites.

Le Petit Baigneur
1052 boulevard Sizaire - 80410 Cayeux-sur-Mer
Tél. +33 (0)3 22 26 28 99
Ouvert tous les jours en saison. Fermé le lundi soir et le mardi hors saison.
Egalement ventes à emporter.

Le Neptune
204, rue du Maréchal Foch - 80410 Cayeux-sur-Mer
Tél. +33 (0)3 22 26 77 22 - fax +33 (0)3 22 26 47 53
E-mail: hotel.le-neptune@wanadoo.fr

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Domqueur et ses muches

Si une excursion vous entraîne à l'intérieur du pays par exemple à Saint-Riquier, pourquoi ne pas pousser jusqu'à Domqueur ?

Là vous pourrez visiter des muches (du picard mucher c'est-à-dire cacher d'où par exemple le terme muchette pour désigner une cachette).

Ces souterrains refuges datent du début du 17e siècle. En cas d'alerte, à l'approche de pillards, les villageois s'y "muchaient" avec leur bétail, leurs outils, leurs grains,... Des visites guidées permettent de découvrir les 52 chambres réparties de part et d'autre de 3 galeries creusées à 9 m de profondeur. Le visiteur peut y voir des foyers taillés dans la paroi, des niches pour les lampes à huile, les emplacements de râteliers,...

La visite propose également la découverte d'une maison picarde meublée à l'ancienne et offre la possibilité de jouer à des jeux locaux : jeux d'assiettes, de quilles, de la grenouille, javelot sur cible.
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Le Courrier picard




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